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Dimanche 17 février :
Lever à 4 h. pour aller chercher Matis et Alexandre à l'avion. Ils viennent passer 2 semaines avec nous. Après un moment pour les retrouvailles nous prenons la route de Haridwar, haut lieu de l'hindouisme. En route nous croisons des remorques pleines à craquer de canne à sucre. C'est la saison de la récolte.


Les boutiques de bracelets et autres objets habituellement vendus dans les lieux saints abondent.

C'est l'endroit où le Gange arrive dans la plaine et les pèlerins se pressent sur ses berges pour les offrandes et bains rituels. Le pont Har-ki-Pairi est très animé au moment du crépuscule.
Lundi 18 février :
La montée par la télécabine est notre première activité ce matin. Un temple au sommet est très fréquenté, offrandes, prières, bénédictions, marque sur le front.
Un super "masala dosa" est bien apprécié là-haut.
Nous descendons et baladons dans les rues de cette petite ville. Nous traînons ensuite le long des ghâts où le spectacle est permanent. Un grand détour nous amène au pied de la gigantesque statue de Shiva où se tourne un "movie" bien larmoyant.

Le soir nous allons assister à la cérémonie au bord du Gange. Les chants durent un grand moment et ensuite le ballet des lampes  illumine les bords du Gange.
La ferveur est très grande. Un grand tour dans  Haridwar nous permet  de gouter à des spécialités de petites échoppes dans la rue.


Mardi 19 février :
Route jusqu'à Rishikesh en remontant le Gange. En 2007 nous sommes venus dans cette région. Nous avions fait un trek aux sources du Gange en avril au moment où Lord Shiva et Lady Ganga sont montés en haut des vallées pour passer l'été. Nous avions franchi le glacier et dormi au-dessus, sous tente, avec de la neige jusqu'aux genoux ... souvenirs ... souvenirs.
A midi le thali est succulent, Matis se lèche les doigts, et lècherait presque son assiette. Après-midi un rickshaw nous monte jusqu'à la passerelle supérieure. L'ambiance est plus calme, seuls les ashrams animent le quartier, beaucoup de boutiques pour touristes.
Le soir une barque nous fait traverser le Gange où nous assistons à une autre cérémonie. Elle est moins importante que la veille mais la ferveur est toujours là.

Mercredi 20 février :
Journée étape assez longue de Rishikesh vers Agra. La banlieue de Delhi est très difficile à traverser à cause des bouchons. Un arrêt sera donc obligatoire avant Agra.
Jeudi 21 février :
Assez bonne route jusqu'à Agra malgré un bouchon spectaculaire.
L'après-midi sera consacrée à la visite du Taj Mahal, sous le soleil contrairement à la semaine dernière.
Toujours magnifique !

Vendredi 22 février :
Nous retournons au Fort Rouge ce matin pour une visite avec Matis.

Le "Baby Taj" est situé sur l'autre rive de la Yamuna. Il est magnifique, tout en marbre blanc orné de fleurs très colorées. L'intérieur est richement décoré et une porte en briques rouges orne les quatre points cardinaux. C'est le mausolée d'Itimd-ud-Daulah.

Le prochain arrêt est pour Akbar Tomb à Sikantra. C'est le colossal mausolée de l'empereur Akbar (1556/1605) éleva au milieu d'un parc de 50 ha. Akbar souhaitait l'entente entre les peuples et il eut 3 épouses de 3 religions différentes : une hindouiste, une musulmane et une chrétienne. Il tenta aussi un syncrétisme entre ces 3 arts. Dans la chambre funéraire l'écho est impressionnant et le gardien entonne un chant pour nous le prouver.


Samedi 23 février :
Un rickshaw nous emmène à la mosquée de Fathepur Sikri d'où on continue la visite par le palais d'Akbar, visite est  très intéressante. 
Un très grand escalier mène à la porte Sublime et on pénètre dans une grande cour où se trouve le mausolée de Sheikh Salim Chrishti. Ce monument en marbre blanc est splendide avec ses nombreux ornements. Malheureusement les vendeurs à la sauvette sont trop nombreux et ne nous lâchent  pas. Celà  est très agaçant et c'est la première fois  que nous sommes  autant sollicités. Dommage.
Le site fut rapidement abandonné à cause de la pénurie en eau et la capitale transférée à Lahore. On appréhende bien l'importance du site avec ses nombreuses constructions et ses très beaux jardins. Une école visite les lieux et cela apporte une animation amusante.

Abhaneri Chand Baori. Ce magnifique puits construit aux VIII° et IX° s. est profond de 20 m. et échelonné sur 13 degrés. Il a été construit pour recueillir les eaux de pluie. Le temple voisin est fortement endommagé.

Dimanche 24 février :
Notre voisin de bivouac nous donne de l'eau pour le "tank" et accepte de laver le ccar. Devant sa façon très godiche de procéder Bernard met la main à la pâte et notre laveur se contente de rincer !
Très belle route jusqu'à Jaïpur. Le City Palace est un peu difficile à trouver au milieu d'un quartier d'habitation et sans panneau indicateur. Nous visitons d'abord le Jantar Mahal ou observatoire astronomique. Il a été construit au XVIII° s. et est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Les instruments astronomiques sont immenses. Le maharaja souhaitait que les observations se fassent à l'oeil nu. Un cadran solaire haut de 27 m. donne l'heure à 2 secondes près.
Le City Palace est plus récent que les autres palais du Rajasthan. Il est aussi moins spectaculaire et la visite se limite aux parties non occupées par la famille du maharaja.

Notre bivouac est près du City Lake, un palais un peu décati semble posé sur l'eau et la lumière redonne de l'éclat à ce monument.

Cette ville très touristique, trop touristique nous change des autres lieux. C'est aussi la haute saison et les indiens ne sont plus aussi cools. Tout est prétexte à nous faire payer le prix fort. Exemple : une boisson coûte 80 roupies (1 €) en sortant du Palace et ne coûte plus que 40 roupies (0.5 €) 20 mètres plus loin ...
Lundi 25 février :
Nous retournons au centre ville pour visiter le palais des Vents. C'est un bâtiment construit à la fin du XVIII° s., considéré comme l'une des merveilles de l'architecture rajpoute. Il est construit en grès rouge et rose.
L'intention initiale était de permettre aux dames du harem d'observer la vie quotidienne dans la rue en dessous sans être vues. Ces claustras finement sculptées, permettaient également à un air relativement plus frais de circuler à travers l'édifice pendant les étés torrides de cette région.
Nous allons ensuite à Amber pour visiter le fort. La montée se fait à dos d'éléphant. C'est un peu cahotique mais agréable.
Le fort d'Amber est connu pour ses éléments caractéristiques de l'art Hindou. Il est entouré de remparts et se détache en haut de la colline.


Construit de grès rouge et de marbre, ce superbe et somptueux ensemble de palais s'étage sur quatre niveaux, chacun avec son enceinte et sa propre porte d'entrée.



Sur la route, en fin de journée nous croisons des pèlerins. Ils sont nombreux et marchent par petits groupes sur plusieurs kilomètres.

Mardi 26 février :
Journée étape : nous rejoignons Delhi où nous arrivons en milieu d'après-midi. Bivouac au Nehru Park où un festival de jazz se prépare mais nous serons partis quand il aura lieu. Dommage, l'affiche est internationale et assez éclectique.
Mercredi 27 février :
Un rickshaw nous porte à la station de métro, notre moyen de transport favori dans toutes les villes du monde. A Delhi on choisit sa destination et on paye en fonction de son trajet. La police est omni présente et les photos interdites. Nous sommes fouillés avant d'accéder au quai.
Visite de Jama Masjid, la grande mosquée édidiée par Shah Jahan. C'est la plus grande de toute l'Inde, elle peut accueillir 25 000 fidèles.
La cour est immense avec le bassin aux ablutions en son centre. Les dômes de marbre blanc tranchent avec le couleur rouge de l'édifice.

De nombreux étalages s'étirent tout autour de la mosquée, vente de toutes sortes d'articles ...

Le fort rouge mérite un détour.

L'après-midi passe tout doucement à déambuler dans les rues et ruelles proches toujours très animées. Quand la fatigue se fait sentir nous prenons un rickshaw jusqu'à Connaught Place, place circulaire de New Delhi, un des principaux centres financiers, commerciaux et d'affaires de la capitale. La partie centrale de Connaught Place abrite un parc où un orchestre se produit.



Jeudi 28 février :
La nuit a été mouvementée. Les ouvriers ont travaillé très tard et ensuite très tôt au montage du site pour les rencontres de jazz. Nous avons eu droit à un concert de coups de marteaux, de déplacement d'objets lourds, d'invectivssions diverses ... pas du tout musicaux.
Qutar Minar situé au sud de la ville est le plus vieux minaret de ce genre au monde. Il a une hauteur de plus de 72 m. pour 14 m. de diamètre à sa base. Edifié en 1 199 c'est une construction magnifique. Les sourates du Coran sont reproduites dans des bandeaux artistiquement sculptés dans la pierre. Plusieurs bâtiments entourent ce minaret et sur une place on peut voir Iron Pillar, colonne de fer de 7 m. de haut, pesant 6 tonnes et forgée au V°s. Chose extraordinaire, la colonne ne présente aucun signe de rouille malgré son grand âge !
Après un bon repas dans un bon resto et un petit tour dans Delhi nous regagnons l'aéroport où nos petits-enfants respectifs vont prendre l'avion de retour. Cet avion prendra beaucoup de retard à cause de l'interdiction pakistanaise de survol de son territoire, suite à des attaques réciproques entre les 2 voisins dont une qui aurait provoqué la mort de 44 personnes.



Vendredi 1er mars :
L'avion pour Moscou n'a pas pu survoler le Pakistan et nos petits ont loupé la correspondance Moscou-Lyon. Ces derniers jours il y a eu un regain de tension au Cachemire que se disputent, depuis des dizaines d'années, l'Inde et le Pakistan. Un attentat a causé la mort de 44 indiens. Il y a eu des attaques aériennes de part et d'autre. Résultat, pas de survol du Pakistan. Ils sont bien arrivés avec une demi-journée de retard.
Pour nous, journée garage. La pièce cassée sur les amortisseurs pneumatiques a été commandée en Auvergne le jeudi, livrée le vendredi et apportée par Matis le samedi. Ca c'est du bon timing. Elle est remplacée ainsi que sa jumelle. La vidange est faite avec changement de filtre, les plaquettes de freins sont changées, les pneus avant sont changés. Cette année nous avons été prévoyants et nous sommes partis avec les pièces de rechange et même avec des bidons d'huile. Nous avons beaucoup appris de nos mésaventures sud-américaines.
Il n'y a que des garages Fiat tourisme en Inde et notre fourgon ne peut pas être dépanné. De proche en proche nous trouvons un indo-belge qui a grandi en Allemagne et ouvert un garage de vieilles voitures à Delhi. La mécanique est sous-traitée à un petit atelier au fond d'une impasse. Les mécanos sont super bons ! C'est un monde d'hommes. Il y a bien sûr de nombreux ouvriers mais aussi un "Baba" ou ancien et des cuisiniers. La cuisine se fait sur place et dans un petit coin par terre des jeunes font la vaisselle. C'est très convivial et même des singes viennent piquer un peu de nourriture dans les gamelles.
Tout est prêt en fin d'après-midi et nous prenons la route pour sortir de Delhi.


Samedi 2 mars :
Journée étape. Nous prenons la route pour le Sikkim avec un nouvel arrêt prévu à Varanasi-Bénarès. L'autoroute est bonne jusqu'à l'approche d'Agra que nous contournons. Ensuite il y a souvent des travaux qui génèrent des bouchons et un bouchon en Inde ... ne saute pas rapidement ! Nous traversons une région de cultures, le ramassage des pommes de terre mobilise beaucoup de monde. Cultures diverses dont la canne à sucre.
Les troupeaux de chèvres et de vaches sont en liberté et traversent l'autoroute. C'est l'Inde !
Pour élargir la route les maisons en bordure ont été coupées, murs et cloisons et c'est bizarre de voir ces demi-maisons dont certaines sont habitées.   

Dimanche 3 mars :
Encore une journée étape. La route est en bon état, plutôt une autoroute, mais les indiens roulent encore plus mal que d'habitude ou plutôt ils ne se sont pas évités comme d'habitude. Il y a une voiture qui a tué 3 vaches, un car et un camion qui ont glissé l'un contre l'autre et une camionnette en travers de la route. Alors Bernard est encore plus attentif. Mais, c'est l'Inde.
On fait une halte à Varanasi qui nous avait beaucoup plu. Les rues sont bondées de monde et on arrive péniblement au parking. On va se promener sur les ghâts. Il y a des dizaines de saddhus qui ont installé leurs tentes sur les bords du Gange. Certains sont couverts de cendres et ont allumé un feu de bois. Certains sont nus et de nombreux fidèles viennent se faire bénir. Ils essaient de nous donner un coup de plumes de paon mais nous sommes assez réfractaires. Le bon côté est qu'ils sont d'accord pour les photos. Un passant m'indique qu'ils sont là pour 4 jours.

cliquez ici pour une vidéo "saddhus"
Petite info : nous avons acheté aujourd'hui 1 kg de haricots verts + 1 kg de petits pois + 1 kg de pommes de terre + 0.5 kg d'oignons + 12 citrons verts pour 145 roupies soit 1,80 €. et 1 kg de raisins pour 50 roupies soit 62 cts. Super !
Lundi 4 mars :
Nous quittons Varanasi assez tôt pour échapper aux bouchons. L'autoroute est en construction au milieu de la ville et cela n'arrange pas la circulation.
Journée étape et nous ne ferons pas un long trajet. De nombreux cortèges célébrant Durga (une des formes de Parvati, l'épouse de Shiva) sillonnent les villes et villages. En quittant le grand axe vers Patna nous sommes toujours sur une grande route mais des dizaines de camions sont garés sur le côté gauche. Nous les doublons dès que possible mais il arrive des dizaines de camions en face et c'est vite une vraie galère. On ne comprend pas pourquoi ils sont aussi nombreux et pourquoi sur cette route. On avance comme des escargots ... jusqu'au moment où on est complètement bloqué à un carrefour. Les indiens suivant leur bonnes habitudes doublent et passent dès qu'il y a la moindre possibilité et c'est le le gros noeud inextricable. On va avancer de 3 camions en environ 1 heure ! Ras le bol et surtout une grosse dose d'incompréhension.
Nous avons le temps de voir les habitations très précaires au bord de la route. En traversant le Gange nous voyons des crémations sur les ghâts.

Mardi 5 mars :
Nous sommes avec Gisèle et Gérard et nous avons besoin de passer des méls. Tout d'abord une réclamation à Aeroflot dont le retard a fait louper la correspondance à Moscou à nos "petits". Ensuite un courrier à Nicolas pour savoir s'il a avancé sur notre dossier de traversée du Tibet. Il doit chercher des équipages pour traverser le Tibet avec nous puisque les 2 équipages qui nous avaient rejoints sur le projet envisagent un autre circuit. Il faut partager les frais de la traversée. Autre déception, le Bhoutan a décidé subitement de ne plus accepter de ccars sur son territoire. Un premier message nous avait annoncé qu'il faudrait dormir dans des hôtels. Et maintenant nouveau changement ... pourquoi ? Pour nous quatre peu d'hésitation. Nous tenons à visiter ce pays et acceptons rapidement la nouvelle proposition. Nous allons passer 10 jours sans aucun souci d'intendance ou de circulation.
Aujourd'hui encore des scènes de la vie rurale.


Mercredi 6 mars :
La circulation est toujours très difficile et nous avançons à la vitesse de l'escargot. Il y a une file de camions arrêtés à gauche alors les voitures doublent et à un moment il en arrive en face, cela ne passe plus et tout le monde est bloqué. C'est le grand principe en Inde, on avance dès qu'il y a un espace et après ... rien ! Cela surprend notre logique d'occidentaux ...
On en profite pour regarder la vie dans les petits hameaux traversés et faire quelques photos.


Jeudi 7 mars :
Nous partons plus tôt ce matin mais les camions sont encore là ! Pas de chance ! Des centaines de camions que nous allons doubler quand c'est possible. Ensuite nous restons complètement bloqués pendant plus d'une heure. On ne peut pas avoir d'info sur le pourquoi de cette situation. On nous répond "trafic" ...
Les policiers ouvre régulièrement la route pour des autorités et à un moment on leur emboite le pas. Bonne idée, on prend un by-pass et on avance. Mais arrivés sur un pont qui enjambe le Gange, 2 camions se sont tamponnés. Le chauffeur est désincarcéré à grands coups de barre à mine. Il n'est pas blessé. On attend la grue pour évacuer les camions et il arrive la pelleteuse qui chargeait le sable sous le pont. Le godet est jeté dans la remorque et le camion est enlevé vite fait.
Pour continuer dans les galères, on attend à un passage à niveau. Pas de train mais une réparation sur la barrière ! Encore du temps perdu.
Au bout du bout on a roulé pendant plus de 9 heures et on a parcouru 84 km. Espérons que demain sera un autre jour ...


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