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2021 Sardaigne du 10 octobre au 8 novembre

La Sardaigne est notre premier passage de frontière depuis le premier confinement.
Ce départ nous comble de bonheur, bonheur de changer d'horizon, bonheur de changer nos habitudes, bonheur d'aller plus loin que l'hexagone, bref, bonheur de voyager !


Dimanche 10 octobre au matin, nous montons sur le ferry de la compagnie Corsica Ferries.
Nous avons choisi de passer la journée en mer plutôt que la nuit, toujours traumatisés par notre retour d'Amérique du sud et du mois passé sur le navire de Grimaldi.
La journée se passe tout doucement entre lecture, grignotage, repas et balade sur les différents ponts.
Arrivés de nuit à PORTO TORRES? nous bivouaquons sur un parking du bord de mer.
Vers 23 heures nous comprenons que le bivouac ne va pas être de tout repos. Nous sommes près d'une discothèque et  les boum... boum... vont résonner jusqu'à 4 heures du matin.

Lundi 11 octobre nous visitons la basilique romane de San Gavino qui est la plus grande de Sardaigne et une des plus anciennes de l'île. La crypte est aussi grande que la nef centrale.
La malédiction gravée sur une des colonnes de la façade est une particularité rare : "nulle autre personne ne devra reposer en paix dans cette tombe".



Nous suivons la route au nord jusqu'au Capo del Falcone.



Plus au sud nous bivouaquons près du Capo Caccia sur un promontoire avec une vue panoramique sur la mer d'un côté et sur un mini golfe de l'autre.
Nous sommes prêts à visiter la Grotta de Nettuno demain matin.

Mardi 12 octobre
. La journée commence de façon très sportive. Nous descendons 654 marches pour aller visiter la grotte de Neptune. Cette cavité marine mérite ce gros effort matinal. L’itinéraire s’étend sur près de 1 kilomètre.
Elle est superbe. On ne peut pas imaginer cette merveille dans ce site au niveau de l'eau.
Et pour bien mériter cette visite il ne reste plus qu’à remonter les 654 marches. Nous arrivons en haut de la falaise en nage !



Torre Nueva.


La Sardaigne possède des sites exceptionnels et exclusivement sardes, ce sont les NURAGHE. Oups, c’est quoi ?
La civilisation nuragique est née autour du 18° siècle avant J.C. Nous n’avons aucun témoignage écrit de cette période et on peut penser que ces peuples ne connaissaient pas l’écriture.
Les spécialistes pensent que ces peuples ne venaient pas de l’extérieur et qu’ils étaient des sardes.
Ils eurent le besoin de protéger les habitants en construisant sur les hauteurs des habitations solides.  
Le nuraghe est une tour construite avec des blocs de pierre sans ciment qui s’encastrent parfaitement et sont donc très stables. A l’intérieur de cette tour se trouvent une ou plusieurs chambres superposées et couvertes par une fausse voûte (ils ne connaissaient pas la clé de voûte).D’autres pièces pouvaient s’articuler autour de cet espace réunies par des couloirs ou des escaliers très étroits. On peut y trouver aussi des puits ou des silos pour conserver la nourriture.
Chaque communauté nuragique menait sa propre vie dans la limite de son territoire. La population vivait dans les villages constitués de cabanes de pierre recouvertes d’un toit fait de branchages et proches de la tour.



ALGHERO possède un centre ville ancien entouré de remparts. Les petites rues de ce centre sont très animées et commerçantes.


Mercredi 13 octobre
Nous continuons la visite des sites nuragiques. Une petite route traversant la campagne sarde nous mène tout d’abord à l’église romane de San Pedro di Sorres. L'aspect extérieur se caractérise par deux tons donnés par l'alternance de l'utilisation de la pierre blanche le grès, et de la pierre sombre, le basalte. L'intérieur du temple est caractérisé par des bandes alternées de pierre blanche et noire sur les piliers et les voûtes.


Le Nuraghe Santu Antine est le plus important de la vallée des nuraghes de Torralba. Il remonte à l’âge de Bronze et est constitué d’une tour centrale de 17 mètres de hauteur entourée d’une enceinte construite à l’époque suivante.
Les blocs de basalte composent toute la structure et deviennent plus petits lorsqu’ils approchent du haut des tours.
Le nuraghe est divisé en deux niveaux, accessibles par un escalier interne.
A proximité du nuraghe on peut observer les restes des habitations de l’ancien village.





La journée se termine par la visite de la nécropole de FILIGOSA. Elle est constituée de 4 tombes ouvertes à la base de la pente d’une colline. Elles ont été creusées horizontalement dans la roche.

Les tombes sont précédées d’un long couloir ou « dromos ». On accède d’abord à une pièce principale puis des portes s’ouvrent sur les chambres secondaires.




Jeudi 14 octobre

Après une nuit passée sur le parking entre la gare routière et la gare ferroviaire, parking très calme entre 19 heures et 7 heures ce matin, nous allons voir le site de TAMULI.
Ce site est très difficile à trouver et nous changeons plusieurs fois d’itinéraire jusqu’à trouver une route très mauvaise qui n’en finit pas d'arriver à destination.
Nouveau complexe nuragique composé d’une part de 3 tombes de géants et d’autre part d’un village.


Les tombes de géants sont construites avec des blocs de basalte disposés en rangée, à l’intérieur desquels s’ouvre un long couloir étroit. Ce couloir est précédé par un haut mur incurvé.
La particularité de ce site est la présence de 6 bétyles qui sont des pierres de forme conique pouvant évoquer des divinités protectrices des défunts. Trois d’entre elles ont des protubérances qui ressemblent à des seins. 


Le village est constitué de maisons rondes qui étaient couvertes de paille et de terre, disposées sous la tour nuragique.


Arrêt dans le village de TINNURAPina Monne a peint les murs de scènes relatant la vie paysanne.



Nous rejoignons BOSA, ville au bord d’un canal qui se jette dans la mer. Les murs sont très colorés et le centre-ville constitué de nombreuses ruelles qui montent jusqu’au château.



Vendredi 15 octobre

Nous empruntons des petites routes pour rejoindre PAULILATINO qui possède 2 sites très importants.
La route traverse des zones très étendues de collines calcinées.
Le feu a ravagé des champs d’oliviers et de maquis. Il a traversé des routes et s’est approché très près des maisons.

Dans cette région de l’île il y a très peu de cultures et seulement quelques troupeaux de moutons.
Le premier site est le nuraghe Losa. C’est toujours le même ensemble de construction.
Celui-ci est très massif avec des pierres très bien taillées. Un escalier hélicoïdal mène au premier étage. Il est très bien conservé. A la base d’une tour se trouve une citerne d’eau.




Le deuxième site est le site archéologique de Santa Cristina. C’est l’un des lieux sacrés les plus importants de la Sardaigne nuragique.
Le puits a été construit au 11° siècle avant JC. Il a un plan en trou de serrure. Au centre s’ouvre l’escalier monumental avec 25 marches descendant vers le puits couvert d’une voûte haute de 7 mètres. La cage d’escalier est réalisée avec des blocs de basalte parfaitement taillés et polis. Une telle perfection à cette époque laisse perplexe.


Nous changeons d’horizon ensuite et rejoignons le bord de mer. Dans cette région trouver de l’eau pour faire le plein est toute une aventure et après quelques échecs nous remplissons notre réservoir. Je note bien ce point pour y revenir au besoin.

Samedi 16 octobre.
Après une bonne nuit au bord du golfe d’Oristano nous allons à la pointe de Tharros où se situe une aire archéologique qui est plutôt un champ de ruines d’où émergent 2 colonnes bien conservées.
Une église d’origine byzantine, la plus ancienne de l’île, 6° - 11° siècle avant JC, a remplacé la nécropole phénicienne de Tharros.

Un aller-retour à la tour espagnole nous fait profiter d’un magnifique panorama sur le site et la pointe de la côte. Un artisan travaille le cuir et c’est très intéressant de le voir faire.





Il est très difficile de s’approcher de la lagune de Cabras et nous ne trouvons pas beaucoup d’intérêt à tourner dans cette région qui promettait des flamands roses et des maisons de pêcheurs – mais nous n’avons peut-être pas su les trouver.
Les palmiers ont subi les attaques de la mouche blanche et beaucoup sont morts. Des rangées épaisses de figuiers de Barbarie bordent les champs d’artichauts.

 

La ville d’Oristano est déserte et peu animée ce samedi et le tour en est vite fait.

Dimanche 17 octobre
Nous attendons l’ouverture du Musée Civico Giovanni Marongiu à Cabras.
Ce musée très moderne renferme le patrimoine de la région du Golfe d’Oristano, dans l’ordre chronologique. Il est le seul en Sardaigne à posséder des statues géantes d’un site nuragique qui sont présentées avec une animation 3D.
On peut y voir également quelques-uns des lingots de plomb provenant d’une galère romaine coulée près d’ici au 1er siècle avant JC.

Nous allons ensuite voir l’arche, S'Architu, qui est découpée dans une falaise bordant la mer. Elle mesure 9 m. de haut.




Nous avions décidé de ne plus visiter de site nuragique mais Su Nuraxi est annoncé comme étant la plus grande forteresse nuragique de l’île
Le site a été recouvert pendant des siècles d’une épaisse couche de terre et il n’a été mis à jour que dans les années 1950. C’est dire qu’il a été bien conservé. Nous arrivons par le village dont il ne reste que les soubassements des maisons, au nombre d'environ 200 et toutes circulaires.
Ensuite la forteresse qui se compose d’un donjon ou nuraghe, qui devait atteindre 19 m. de hauteur, entouré par 4 tours. Dans la cour un puits de 15 m. de profondeur construit sur une veine d’eau et toujours alimenté.
Plus tard 4 tours furent ajoutées autour du nuraghe pour le consolider.

Cette photo du nuraghe n'est pas la mienne, elle est dans le musée.

Lundi 18 octobre
Après une bonne nuit sur le site nous retournons vers le bord de mer.
Et c’est le jour des sites fermés…
Tout d’abord Tuili avec son musée de l’huile et des instruments de musique sardes. Portes closes. Une charmante habitante va tout faire pour nous donner satisfaction. Elle appelle plusieurs personnes pour avoir des infos, elle court dans le village et revient tout essoufflée puis nous propose d’appeler le numéro 1 de la commune. Nous la remercions chaleureusement et reprenons notre route après avoir vu la petite église proche qui renferme des statues très  typiques de l'Italie.


Ensuite la mine de Montevecchio d’où on extrayait le zinc. Cette mine a fermé en 1981.
On peut voir les bâtiments des mines et les ruines des humbles maisons des ouvriers en passant par les luxueux édifices de la direction. Et ici aussi, site fermé !


Bon allons faire un tour au bord de la mer aux Piscinas. Sur la côte Verte ce sont des dunes de plusieurs dizaines de mètres de haut qui bordent le littoral.
Certaines sont recouvertes d’une abondante végétation.


De la mine de Laveria Brassey ne subsiste sur la route que des bâtiments en ruine.


Mardi 19 octobre
Le démarrage est un peu lent ce matin… mais la chance est avec nous.
Le musée de Carbonia, gigantesque mine de charbon exploitée de 1937 à 1971 est ouvert.
Mussolini est venu inaugurer cette mine et encourager la production qui a atteint 1, 4 millions de tonnes en 1945-1946 soit 10% de la production nationale et qui employait jusqu’à 18 000 personnes.
Les cartes d’identité des mineurs et leurs plaques d’identité sont exposées ainsi que les jetons qu’ils échangeaient contre leur lampe.
On descend dans les entrailles de la mine où les principaux outils servant à la production sont exposés.




La route nous conduit sur l’île Sant’Antioco qui est au sud de la Sardaigne. Visite de la Basilique di Sant’Antioco et d’une petite partie des catacombes.
La ville n’est pas très animée, encore une fois, sans doute parce que nous sommes hors saison.
Le bord de mer est très agréable, un pêcheur trie le poisson et la pêche a été bonne.


Mercredi 20 octobre
Nous faisons le tour de l’île Sant’Antico et un arrêt sur un marché local où un sympathique producteur nous fait goûter fromages, charcuteries, olives, vin muscat et même un coup de liqueur locale. Nous remplissons notre sac de bons légumes de la région.
Nous bivouaquons sur le site de Nora pour être prêts de bonne heure demain matin.
Nous passons un excellent moment avec des amis de l’association que le hasard met de temps en temps sur notre route.  

Jeudi 21 octobre
Nous partons visiter le site de Nora à 10 heures. Pour ce qui en est de le visiter de bonne heure c’est loupé !
Ce site a d’abord été occupé par les Phéniciens  dès le 8ème siècle av. J.-C.
Elle a ensuite été sous domination carthaginoise.
Parmi les vestiges les plus importants on peut citer le théâtre, les thermes, le temple de Tanit, des maisons patriciennes avec de belles mosaïques.


Cagliari, la capitale sarde s’étend au bord de la mer. La citadelle domine la ville. Dans son enceinte se trouve la cathédrale Santa Maria. L’intérieur, décoré de marbre polychrome, est de style baroque. La crypte est impressionnante de marbre et de décorations. Des petites rues partent de cet édifice et c’est là que nous trouvons un excellent restaurant de spécialités. Nous souhaitons visiter le musée de la cire anatomique mais il est fermé pour cause de Covid.


Nous quittons Cagliari pour San Sperate où l’artiste Pinuccio Sciola expose plus de 700 sculptures dont certaines émettent d’étranges sons quand on les effleure.


Vendredi 22 octobre
Hier soir nous avons potassé les guides et découvert « Automno in Barbagia ». Une recherche sur le net et nous trouvons que cette manifestation régionale typique aura lieu ce week-end à Ottana. Alors, direction Ottana.
Nous prenons les petites routes intérieures de l’île et les tournants se succèdent à mesure qu’on prend de l’altitude.
Un arrêt à Biru’ E Cancas pour voir des menhirs plantés sur une colline couverte de chênes lièges. Et oui, comme en Bretagne ! Il y en a paraît-il des centaines. Nous en voyons quelques-uns.
Le portail principal est fermé et on escalade le mur par une échelle en bois…

 

Le vin de Sogorno, le Mandrolisai est réputé dans la région et les vignes alentour ont une belle couleur d’automne.


Arrivée à Ottana où nous sommes prêts pour participer demain à la fête. Nous n'avons parcouru que 150 km environ soit près la moitié de l'île qui mesure 270 km de long et 145 de large.

Samedi 23 octobre
A Ottana la fête démarre tout doucement à partir de 11 heures.
Les personnages centraux de cette fête sont Boe, Merdule et Sa Filonzana.
Boe porte un masque en bois qui représente un bœuf avec de longues cornes. Il porte un groupe de cloches sur l’épaule pesant environ 30 kg mais parfois plus. Il les fait tinter en sautant et c'est un exercice très physique.
Merdule est le gardien des bœufs qu’il essaie de contrôler tout au long de la parade. Il est couvert de peaux de mouton et porte un masque qui a les traits déformés d’un vieillard.
Sa Filonzana est le seul personnage féminin du carnaval. C’est un homme déguisé en femme. Il est vieux, bossu et boiteux et file la laine. Le fil est la vie que Sa Filonzana s’apprête à couper avec une paire de ciseaux pendue à son cou, référence à la Parque grecque.
Des « cortes » ou boutiques sont ouvertes dans les rues du bourg proposant de l’artisanat local : fabrication de masques en bois, travail du métal ; des dégustations diverses : huile d’olive, miel, et bien sûr des bars, des points de restauration rapide,…
L’ambiance est très familiale et sympathique.





Dimanche 24 octobre
Nous redescendons vers la mer. La pluie nous accompagne et par moment des ruisseaux boueux traversent la route. Il ne fait pas un temps à visiter. Les routes sont très tortueuses et demandent toute l’attention du conducteur.
Très bon bivouac au bord de mer.

Lundi 25 octobre
La journée ne sera pas meilleure que celle d’hier ! Aussi nous passons à mardi !

Mardi 26 octobre
Après avoir dormi sur une petite place d’un village, un lieu trouvé par hasard et après avoir cherché longtemps nous nous réveillons avec le soleil.
Les villages sont accrochés à flanc de montagne et font des taches de couleur au milieu de la végétation de chênes pour l’essentiel.


A Ulassai nous visitons la Su Marmuri Cooperativa Tessile Artigiana. Des femmes aux doigts de fée manient des métiers datant de plus d’un siècle et tissent du linge de maison superbe.
Nous avons droit à une démonstration et nous sommes impressionnés par ce méticuleux travail de patience.

La route monte rapidement et nous découvrons de magnifiques vues panoramiques. Le soleil est revenu et tout va bien.
Arbatax est une station en bord de mer. C’est également un port important avec des chantiers navals en pleine activité. Les Rocce rosse, rochers rouges comme son nom italien l’indique sont une belle surprise en arrivant sur la plage.


Nous reprenons la route de montagne toujours aussi spectaculaire.
Et surprise, nous tombons sur des chevaux sauvages, égarés mais pas affolés, sur la route. Des sangliers peu farouches leur tiennent compagnie mais ils ne veulent pas poser pour la photographe…
Il y a également des moutons et plus loin des vaches.


Encore un beau paysage.


Mercredi 27 octobre
Notre bivouac est au bord de la mer et ce matin nous allons au bout du sentier d’où nous avons vu revenir de nombreux touristes hier.
Ce sentier mène à un point de départ, soit pour descendre vers une petite crique bien protégée du vent, soit pour aller vers des sites d’escalade. La mer est calme et la côte très découpée est superbe.
Nous passons par l’office de tourisme de Dorgali où nous sommes fort bien accueillis et fort bien renseignés. Nous avions beaucoup de mal à repérer les points de départ des randos pour le site nuragique de Tiscali et pour le canyon de Gorupu. Tout est clair maintenant et nous partons avec les cartes et l’indication d’autres sites intéressants.
Nous descendons dans la grotte d’Ispinigoli pour voir la stalactite la plus haute d’Europe, 38 m. de haut et qui est maintenant une colonne qui relie le sol à la voûte. C’est impressionnant ! Pas de photo autorisée, dommage.
Puis c’est la tombe des géants de S’Ena e Thomas. Celle-ci est pourvue d’une haute plaque de pierre travaillée et galbée, la « stèle cintrée » à la forme semi-ogivale, sans doute la représentation de la porte du règne des enfers.
A l’arrière un couloir couvert de pierres qui était la chambre funéraire, pouvait contenir des dizaines et parfois des centaines de sépultures.
Et une photo vaut mieux qu'un trop long discours.

         

Jeudi 28 octobre
Il pleut… nous avions prévu 2 journées de rando et c’est… à l’eau !
Nous essayons de passer le temps au mieux mais c’est difficile avec beaucoup de sites fermés et un bord de mer désert.
En cherchant à nous ravitailler en eau, nous arrivons sur une carrière de marbre. Elle est d’une étendue immense et toute la colline semble exploitée. C’est impressionnant. 




Vendredi 29 octobre

La pluie a cessé, on retourne au point de départ des randos. Bernard a une idée lumineuse : on va changer de route et suivre le GPS. Pas de direction Tiscali mais nous sommes confiants. La confiance diminue à mesure que nous avançons. Le chemin est en terre et ensuite des crevasses de plus en plus importantes rendent la conduite difficile. Au bout d’une dizaine de km le chemin descend beaucoup trop et il est très dégradé. Bernard avance à pieds et revient déconfit, on ne peut plus passer ! Il faut reculer et les pneus patinent dès la première tentative. C’est un grand moment de doute… mais petit à petit il arrive à rejoindre un endroit d'où il peut faire demi-tour. Ouf ! On retrouve la bonne route, soulagés après cette aventure. La première rando va au site de Tiscali. C’est un village nuragique caché dans une grotte immense et joignable uniquement à pieds. La première montée est difficile au milieu de rochers. Elle est suivie d’un sentier dans les arbres. La deuxième montée est encore plus difficile, il tombe quelques gouttes et les rochers glissent. Les marcheurs rencontrés disent que c’est un parcours très technique. Mais la récompense est au bout de 2 heures et demi d’efforts. Le site est surprenant. Ce qui est aussi surprenant c’est qu’il y a un gardien qui nous demande notre « green pass » et nous fait payer une entrée. Comment expliquer le site ? C’est une très grande grotte à ciel ouvert avec au milieu la cabane du chef. Elle contenait des dizaines de salles. On a retrouvé des fragments de céramique de l’époque nuragique et quelques vestiges romains.
La descente est plus facile mais nous sommes bien contents d’arriver.On espère être en forme pour demain.  



Samedi 30 octobre
Départ pour le deuxième site : le canyon Gorropu. Le sentier est plus facile que celui qui va à Tiscali mais il comporte malgré tout des passages sportifs. Il longe le riu Flamineddu et s’élève doucement jusqu’au canyon dont les parois verticales s’élèvent jusqu’à 500 m. au-dessus de nos têtes. C’est une des gorges les plus profondes d’Europe. Possibilité de trois circuits dans le canyon mais nos deux journées de marche nous ont coupé les pattes…
Le gardien du parking a ouvert pour le week-end. Beaucoup d’italiens en camping-car ou en voiture sont venus pour faire cette rando.
Une bonne bière à la pression nous aide à nous remettre en forme.



Dimanche 31 octobre
La pluie a commencé à tomber cette nuit et le ciel est tout gris à notre réveil. Nous avons eu la chance de deux journées de beau temps pour nos randos. Nous quittons le site sous la pluie qui va tomber toute la journée. Nous ne voyons pas grand-chose de la côte et nous nous arrêtons à Olbia.

Lundi 1er novembre
Un autre site nuragique : La tombe des géants de Lu Coddu Vecchio et le nuraghe de La Prisgiona.
Le tombeau
est parfaitement conservé (1800 – 1600 av. J.-C.) La stèle mesure 4 m. de hauteur. Une petite porte au pied de la stèle permet de déposer des offrandes. A l’arrière le tombau proprement dit, une allée couverte d’une dizaine de mètres de long servait probablement de sépulture collective cette fois encore.


Le nuraghe est distant de quelques centaines de mètres. Bâti sur le même plan que ceux que nous avons déjà visités, il comprend un donjon ainsi qu’une cour renfermant un puits, les vestiges d’une salle de réunion et de nombreuses habitations toujours rondes.
La pluie nous a laissé le temps de la visite et elle recommence à tomber… Un excellent resto de spécialités sardes nous permet de passer un bon moment.

 
Mardi 2 novembre
La nuit a été agitée. Nous avions trouvé un bon bivouac au port de plaisance très calme en ce moment. Mais le vent s’est levé et s’est mis à souffler par rafales. Le camion tanguait au gré des coups de vent. On a changé de place et on a trouvé un endroit abrité. Malheureusement le vent a tourné et on a subi à nouveau la danse du vent.
Ce matin montée au rocher appelé le « Cabo d’Orso » ou cap de l’Ours. Il doit son nom à sa forme qui évoquerait un ours… C’est le dernier jour d’ouverture. Ouf ! On a de la chance. Mais le parking qui est privé est fermé et se garer dans cet impasse est très difficile. Un panneau indique qu’il est interdit de monter en nu-pieds. C’est la première fois que je vois ce genre d’interdiction. La gardienne nous met en garde contre le vent et c’est vrai que tout là-haut nous sommes chahutés. Elle viendra d’ailleurs interdire certains passages. Au retour elle nous offre un paquet de bonbons. C’est une tradition en ce jour de la fête des Morts où on se souvient de ceux qui nous ont quittés. Quel est le rapport entre les bonbons et les morts ?


Nous allons à l’embarcadère et prenons le ferry pour l’île de la Maddalena. La traversée dure 20 minutes. Nous faisons le tour de l’île dans l’après-midi. Nous sommes vraiment hors saison et c’est tristounet.  

Mercredi 3 novembre
Ouf ! La maison de Garibaldi est ouverte.
Nous sommes accueillis par une famille de sangliers. La mère et les petits s’approchent de nous en quête de nourriture. Le père reste en retrait et grogne. Ils ne sont pas très impressionnants. Il y a sur ce parking des gamelles pour les chats et la harde doit partager avec eux.
L’année suivant son retour d’exil en 1854, Garibaldi acheta la moitié nord de l’île Caprera où il entreprit la construction de la maison principale, la Casa Bianca. Il y vécut avec sa deuxième femme Francesca, et ses enfants.
A la fin de sa vie il souffrait d'arthrite et se déplaçait en fauteuil.  Il mourut dans la Casa Bianca le 2 juin 1882. Son corps repose dans un sarcophage en pierre fermé par un imposant bloc de granit blanc, à côté de la tombe de Francesca et de cinq de ses enfants.

Nous quittons l’île de La Maddalena et suivons la côte avec un arrêt à Costa Pariso, un domaine privé aux maisons étagées sur la colline et jusqu’à la mer.




Jeudi 4 novembre
Nous avons dormi à Castesardo et ce matin nous montons à la citadelle. La ville basse est composée de maisons très colorées, une mosaïque de couleurs. La ville haute est enserrée dans des murailles et on ne la voit pas de l’extérieur. Inutile de dire que les ruelles sont vides. Une restauratrice nous vante sa cuisine mais l’ambiance n’y est pas. Le château renferme le Musée de la Vannerie et du Tressage Méditerranéen. Les objets sont variés et bien présentés.
De la terrasse nous avons une belle vue sur le port, la ville et la côte.


Quelques kilomètres et nous sommes à Targu. L’église Notre Dame présente une façade de colonnettes blanches et un très gracieux décor floral blanc qui tranchent sur la pierre rouge de l’église.


Vendredi 5 novembre
Nous quittons notre bivouac au port de Castelsardo pour aller voir quelques sites archéologiques près de Tempio Pausania. Sur la route le rocher dit de l’éléphant mérite un détour.
Le nuraghe Majori a l’originalité d’abriter une colonie de petites chauve-souris d’une espèce protégée devenue très rare et ceci d’avril à octobre.


Nous faisons fausse route pour aller à la tombe des géants Pascaredda. La direction en est donnée mais pas d’indication de parking, alors on suit la petite route qui finit en très petite route et il faut tout refaire en marche arrière. Cette tombe a pour particularité que le couloir a conservé sa forme de tumulus c’est-à-dire qu’il est resté couvert de terre.


La région de Tempio Pausania est couverte de chênes lièges. L’exploitation du liège est omniprésente essentiellement à Calangianus. On s’en rend compte tout d’abord parce que les arbres ont un tronc rouge jusqu’à hauteur des branches ce qui indique qu’ils ont été écorcés et ensuite parce qu’il existe de nombreuses usines qui traitent le liège. Le musée du liège est malheureusement fermé.

 

Samedi 6 novembre
Nuit tranquille en face de la caserne des carabinieri à Sassari. Ce matin il fait soleil et nous partons pour la visite de la ville.
Les points d’intérêt sont regroupés au centre de la ville vers le Duomo di San Nicola et le corso Vittorio Emanuele II.
La cathédrale de Sassari affiche une façade baroque du 18e très chargée en sculptures, bas-reliefs, frises et statues. Le clocher octogonal date de 1756.
Le corso Vittorio Emanuele II
est la principale artère du centre historique. Dans le haut de la rue les boutiques de luxe se côtoient et plus on descend plus le standing diminue.
La fontaine de Rosello de style Renaissance est donnée comme étant le symbole de la ville. On y venait de tout Sassari pour chercher l’eau qui était réputée la plus pure qu'il soit.
Le tour de ville se termine par les 3 places principales… sans grand intérêt.
La ville dans son ensemble donne une impression de pauvreté et on croise beaucoup de miséreux. Les lieux d’entraide sont nombreux.
On rejoint le bord de mer pour passer la nuit.

Dimanche 7 novembre
Nous sautons au-dessus des siècles et de l’ère nuragique de 1 500 avant J.-C. nous allons à l’époque romane de 1 100 après J.-C.

Ozieri - Sant'Antioco di Bisarcio nous surprend par sa grande beauté atypique. Elle s'élève au sommet d'un éperon, en pleine campagne. Les pierres de façade rouges et noires produisent de beaux effets de couleur.
L’église antérieure à 1 090, a été détruite par un incendie. Le reste a été reconstruit entre le milieu du 12ème et le début du 13ème siècle. La façade asymétrique à deux étages est un exemple unique dans l'architecture médiévale de l'île.
Au 2ème étage se situaient les appartements de l’évêque.
L’église est dédiée à Sant’Antioco qui est venu de Mauritanie et qui est le saint patron de la Sardaigne.




Ardara - Santa Maria del Regno apparaît très imposante eu égard à la modestie du village, mais, à partir du 11ème siècle c'était là que les rois étaient couronnés.
La façade est austère mais à l'intérieur il y a un immense retable qui occupe toute le chœur de l’église et qui date de 1 515. Les colonnes sont recouvertes de portraits d'apôtres et des 4 pères de l'église. Malheureusement elle est fermée et nous ne pouvons voir l’intérieur qu’à travers la vitre de la porte d’entrée.





Ploaghe - San Michele di Salvanero. Au 12ème siècle des moines édifièrent cette église près d’un village aujourd'hui disparu. Elle trône seule au milieu d'un carrefour, presque abandonnée.

 

Codrongianos - Santissima Trinita di Saccargia
. C'est la plus célèbre des églises sardes. Bâtie au 12ème siècle en strates de pierres blanches et noires, elle a été presque entièrement restaurée au début du 20ème siècle.
Le haut clocher domine le corps de l’église. La façade est embellie par la présence d’arches et de décorations à motifs géométriques; un porche protège l’entrée principale. Il reste quelques ruines du monastère.




Lundi 8 novembre

Jour de retour en France. Derniers achats sardes : nougats, vin canonnau, parmesan, grenades,…
Nous retrouvons des amis sur le ferry, l’annonce des jours pluvieux à venir leur a fait avancer le retour. Nous faisons la connaissance d’adhérents de notre association et les échanges sont très chaleureux.
La traversée jusqu’en Corse nous ballote une peu, mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend entre Ajaccio et Toulon ! Nous sommes brassés comme dans une machine à laver, les vagues montent jusqu’à la hauteur de nos hublots au 6ème pont. Nous aurons 3 heures de retard. La température descend à mesure que nous montons vers l’Auvergne. Il fait 2 degrés à l’arrivée et 12 à l’intérieur de la maison. Le feu de cheminée est le bienvenu !

Cette escapade nous a laissé un peu sur notre faim. Nous avions envie de sorties, de visites, de restos, de bistrots, d’une orgie de glaces et la saison touristique étant finie nous avons souvent trouvé des portes closes.

Il reste que nous avons eu du beau temps, que nous avons découvert la civilisation nuragique et que cela nous a donné envie de repartir.

 



Points de bivouac - les points GPS ne sont pas renseignés mais il est facile de trouver des points de chute en Sardaigne.

Il est plus difficile de trouver de l'eau et l'application park4night nous a été d'une grand utilité.


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