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IRAN du 1er avril au 19 avril

Mercredi 1er avril : 270 km – 4 687 km / parking TIR
Beau soleil ce matin au lever.
Au revoir la Turquie, bonjour l’Iran. La frontière est encombrée. Nous devons quitter nos véhicules et passer le contrôle de police à pied. Les minibus déchargent leurs passagers et c’est la cohue ! Nous arrivons tout de suite au poste iranien. Les policiers sont souriants et nous guident dans les bureaux pour faire tamponner nos passeports. Ils nous demandent plusieurs fois si nous avons de l’alcool. Nous n’en avons pas. Le contrôle du carnet de passage en douane est facilité par un civil ( ?) qui accompagne Bernard dans cette démarche. Arrivés à la barrière les policiers iraniens veulent visiter le CCar, ils sont contents de leur visite et nous offre une poignée de graines de courge, je leur donne des bonbons en échange. Les formalités ont duré 1 h.30 en tout.
Côté iranien la route est en travaux et nous sautons dans les trous. Puis elle devient bonne. Les villages ressemblent plus aux villages marocains qu’aux villages turcs.
Notre bivouac ce soir est sur un parking TIR, très calme.
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Jeudi 2 avril : 100 km – 4 787 km / TABRIZ
Notre premier plein de gasoil ce matin. Il est à 5000 rials soit 0.15 € le litre ! le plaisir de passer à la pompe !
Les iraniens ont fêté la Journée de la République islamiste hier et aujourd’hui c’est la fête de la nature et aussi le 13 dans leur calendrier, jour néfaste, il ne faut pas rester à la maison, donc tous les iraniens
vont pique-niquer à la campagne. Nous croisons des flots de voitures qui sortent de Tabriz. Dans les champs et au bord de la route et partout finalement, il y a des tentes installées, des iraniens autour des feux qui préparent les barbecues.
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Nous avons une bonne adresse à Tabriz, un parc où nous aurons eau, électricité, wifi et même cuisine, douches, … Nous discutons un moment avec un retraité français parti à pied depuis 2 ans – d’abord par la Grande-Bretagne pour apprendre l’anglais, puis les pays baltes, l’Europe et la Turquie – Il n’a pas d’itinéraire défini et va où ses pas le mènent, belle rencontre. Les iraniens sont curieux de nous voir, nous donnent des friandises, nous prennent en photo et nous souhaitent la bienvenue. Espérons que demain, qui est un vendredi, ne sera pas encore une journée « portes fermées ».

Vendredi 3 avril : TABRIZ
Journée à Tabriz – mais nous sommes vendredi et que va-t-on pouvoir visiter ?
Tout d’abord l’office de tourisme (N 38.4.45 / E 046.17.32). Nous sommes accueillis par Nasser qui parle français et nous donne des infos sur Tabriz et aussi sur l’Iran. Il est heureux qu’un accord soit en cours avec les USA et que la fin de l’embargo soit possible. Il trouve que les femmes en Iran ressemblent à Zorro ! Il a beaucoup voyagé en Europe et parle 8 langues.
Un peu d’animation dans les rues mais la mosquée Bleue est fermée ainsi que la mosquée du Vendredi et de nombreuses échoppes dans le bazar. On se contentera de profiter du temps très doux pour se balader dans les rues. Les iraniens nous interpellent souvent avec de grands « Welcome in Iran » et le téléphone est vite prêt à nous prendre en photo.
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Samedi 4 avril : 70 km – 4 857 km / KANDOVAN
Nous reprenons un taxi ce matin pour aller au centre-ville. Il nous dépose au bazar – qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est 10 h. et les boutiques ouvrent tout doucement. C’est un dédale de ruelles aux voûtes en briques. Outre les nombreuses boutiques il y a des mosquées, des caravansérails et des medersas (écoles coraniques). Nous passons un grand moment à déambuler d’un passage à l’autre et apprécions cette ambiance affairée mais calme.
Nous allons ensuite à la mosquée Bleue.
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A l’extérieur, elle a perdu ses beaux parements de mosaïques et suite à un tremblement de terre, elle a été presque totalement reconstruite. Sur le portail, le porche et une partie de l’intérieur on peut encore admirer de magnifiques mosaïques bleues et blanches selon la tradition, mais aussi vert olive, jaune et brun ocre.
Nous dégustons les « kufteh » - spécialité de Tabriz et le tout aussi délicieux « nuqa ».
Avant de quitter le parc, des iraniens demandent à visiter le Ccar. Nous parlons un moment avec une jeune femme qui nous dit que les iraniens aiment bien manger parce qu’ici il n’y a pas de club de jazz pour se distraire. Nous échangeons de petits présents.
Nous prenons la route jusqu’à Kandovan qui sera notre étape. La falaise est criblée d’habitations troglodytiques. Le village est à 2200 m., les marches sont hautes et le souffle un peu court ! Dommage que de grandes pancartes vert fluo soient placardées dans tous les sens pour signaler les boutiques.
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Dimanche 5 avril : 371 km – 5 228 km / TAKHT-E-SOLEYMAN
Beau soleil ce matin après la pluie et même un orage cette nuit.
La route descend dans les amandiers en fleurs et les noyers. C’est une région d’arbres fruitiers. Nous faisons un crochet par Maraqeh. De l’époque seldjoukide il reste 3 tours funéraires. Elles sont très difficiles à trouver dans cette grande ville et nous nous contenterons de voir la plus importante qui est situé dans un parc. Sur les briques, quelques points d’émail, début de l’architecture polychrome.
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A la pause de midi, nous avons la visite d’un belge. Il est le propriétaire de la société derrière nous. Cette société exporte des fruits secs en France et entre autres les pruneaux d’Agen ! Il a un camping-car et nous propose de faire nos pleins et nos vides dans son usine. Notre présence le conforte dans l’idée de venir lui aussi ici avec son véhicule. Peu après son départ son contremaître nous apporte un assortiment de sa production. Dommage que les apéros ne soient pas possible en Iran !
La route n’est pas très bonne et c’est pourtant la route principale. Il faut faire avec le « code de la route » iranien – c’est-à-dire que les voitures doublent indifféremment à droite ou à gauche et que la priorité est à géométrie variable ! On va s’habituer.
Un autre crochet pour aller à Takht-e-Soleyman. La légende situait le lieu de naissance du dieu des zoroastriens ici, sur cet ancien volcan dit le « trône de Salomon ». Le cratère est occupé par un lac d’une profondeur insondable alimenté par une source. Les Sassanides élevèrent un sanctuaire à cet endroit situé entre ciel et terre, pour un pouvoir royal qui se proclamait d’essence divine.
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Nous croisons des kurdes en sortant de ce site et ils se laissent photographier avec plaisir.
Nous étions à Tabriz dans l’Azerbaïdjan iranien et nous arrivons dans le Kurdistan. Les hommes portent les pantalons très larges et le foulard noué sur la tête. Les femmes portent des robes très colorées sous leur voile noir.
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Lundi 6 avril : 233 km - 5 461 km / SANANDAJ
Ce matin nous profitons du beau temps pour monter sur la colline en face du site. Nous avons une vue magnifique sur ce bel ensemble que nous dominons.
A quelques kilomètres de là nous nous arrêtons au cratère et nous prenons le sentier jusqu’au sommet. De là, le panorama est spectaculaire.
Nous prolongeons la pause de midi et une famille d’une douzaine de kurdes arrive. Ils se postent près du Ccar et dès que nous avons fini de manger ils viennent taper à la porte. La visite du Ccar s’impose – l’intérieur est même filmé jusque dans tous les recoins – visite sympa.
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La route vers le sud suit les crêtes et nous avons des vues superbes sur les sommets enneigés et sur les vallées en contrebas. De nombreux conducteurs nous saluent cordialement.
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Arrivés à Sanandaj nous devons traverser la ville. C’est l’heure de pointe - véhicules et piétons rendent la conduite difficile. On trouve un endroit pour se garer mais il n’est pas sûr que nous soyons autorisés à rester là pour la nuit. Nous sommes à 80 km à vol d’oiseau de la frontière irakienne.

Mardi 7 avril : 145 km – 5 606 km / TAQ-E-BOSTAN
Nous avons beaucoup parlementé hier soir. Nous étions sur un terrain privé et nous avons eu plusieurs visiteurs qui nous ont autorisé à rester là jusqu’au moment où ce n’était plus possible parce que nous étions trop près de l’émetteur de la télé kurde ! Au bout des discussions la police nous a autorisés à passer la nuit ici à cause de l’heure tardive : 22 h.30.
La chance est avec nous ce matin, nous pouvons nous garer près du bazar et du musée, mais elle nous abandonne pour le musée qui est fermé aujourd’hui. La visite d’une très belle mosquée bicentenaire nous consolera un peu.
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Le bazar est très coloré, tissus avec des paillettes et des couleurs vives et aussi toutes les denrées ou objets que l’on trouve dans tous les bazars. Les trottoirs sont envahis de camelots.
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Nous achetons une carte SIM iranienne – valable 1 an pour téléphoner en Iran et pour 3 € environ. Ensuite nous avons fait valider notre connexion 3G pour 6 € pour 1 mois. Nous voilà équipés, mais pour le moment on reçoit beaucoup en « E » et très peu en « 3G ». A suivre …
Notre bivouac sera dans un parc à côté de Kermanshah – manèges et brochettes ! Les Herviou et les Freneix nous rejoignent pour le bivouac. Il fait nuit, Christiane fait une mauvaise chute et tombe sur son avant-bras. Elle souffre beaucoup et Serge appelle l’assistance. La prise en charge est rapide. L’hôpital diagnostique une fracture et elle sera rapatriée jeudi pour être opérée en France. Serge va continuer la route seul.

Mercredi 8 avril : TAQ-E-BOSTAN
Après les péripéties de la veille, nous reprenons nos visites. Nous allons à Tekkiyeh Moavenol-Molk, sanctuaire qajar (1898) où avaient lieu les cérémonies commémorant la passion de Hossein. Les murs sont couverts de faïences peintes représentant le martyre de Hossein à Karbala mais aussi des portraits royaux, des scènes religieuses, des oiseaux, …
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La visite est suivie d’un tour dans le bazar – très coloré et immense – rencontre avec un jeune avocat amoureux de la France et qui lit nos poètes et nos écrivains classiques – il est kurde et souhaite que la paix soit obtenu par la parole et non par la violence.
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Retour à Taq-e-Bostan où nous allons voir le monument sculpté dans La roche, chef-d’oeuvre sassanide. Il représente des rois du 4ème siècle en compagnie du dieu Ahura Mazda (dieu des zoroastriens).
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Nous souhaitons un bon retour et un bon rétablissement à Christiane qui nous quitte demain.
Petite info concernant le rial : devant la flambée de cette monnaie, le gouvernement décide régulièrement d’arrêter sa cotation – il lutte en même temps contre le marché parallèle.

Jeudi 9 avril : 243 km – 5 849 km / HAMADAN
En route pour d’autres visites : le temple d’Anahita à Kangavar que les archéologues n’ont pas réussi à classifier exactement.
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Nous évitons Bisotun qui, aux dires de Mazdak, est toujours en restauration !
Arrivés à Hamadan en début d’après-midi nous allons à Ginbad-e-Alavian, mausolée du XII°, fleuron de l’art seldjoukide – un peu décevant …
puis au mausolée d’Esther et de Mardochée, qui est autant vénéré par les juifs que par les musulmans. Là, un charmant vieux monsieur nous guide pour la visite. Sur les murs une phrase est écrite en araméen (langue du Christ). Notre guide nous indique que des familles juives vivent en Iran et peuvent exercer librement leur culte.
Pour les explications et commentaires sur les sites je vous laisse consulter un guide touristique plus compétent que moi.
Nous tournons un moment dans la ville et venons bivouaquer vers l’institut de technologie et le parc.

Vendredi 10 avril : 28 km – 5 877 km / HAMADAN
Lever tranquille, nous restons à Hamadan aujourd’hui.
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Visite du mausolée d’Avicenne – né en 980 à Boukhara – il fut l’un des savants les plus influents et les plus critiqués de son époque. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la métaphysique, la mécanique, l’acoustique, l’astronomie, … En Europe il est connu pour son « Canon de la Médecine » - oeuvre encyclopédique qui est la somme des connaissances médicales islamiques de l’époque.
De là nous allons à Ganjnâmeh, à une douzaine de km de la ville, lieu où les iraniens sont très nombreux aujourd’hui vendredi, pour pique-niquer. Ils ont installé quelques tentes, sinon ils sont assis en rond sur des nattes et font cuire des brochettes – un bon moment de détente en famille. Nous déjeunons installés sur des coussins et pour nous aussi c’est parti pour une belle brochette de poulet et une assiette de riz ! comme hier et les jours d’avant - il faudra s’y faire, mais pour le moment c’est bien bon !
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Au fond du vallon, sur la falaise sont gravées 2 inscriptions achéménides : une de Darius 1er et l’autre de son fils. Elles sont écrites en 3 langues : vieux perse, néo-élamite et néo-babylonien.
Nous choisissons un parking d’hôtel ce soir pour avoir une connexion internet – qui est toujours aussi aléatoire …

Samedi 11 avril : 262 km – 6 139 km / KHORAM ABAD
Petit déjeuner 4* ce matin – compris dans le parking avec l’électricité et l’eau – pour 1 000 000 de rials !
Il a plu une cette nuit et ce matin il pleut encore. La pluie parfois violente nous accompagnera jusqu’à Khoram Abad. Les paysages ont changé, la campagne est très verte, mais toujours aussi peu d’habitations et de villages. Nous commençons à voir des nomades avec leurs troupeaux de moutons. Ils ont installé leurs tentes et parfois les moutons sont parqués dans des enclos ronds. Je voudrai m’arrêter pour essayer d’avoir un contact avec eux mais aujourd’hui ce ne sera pas possible.
Petit parking près de la forteresse de Khoram Abad mais nous ne resterons pas là pour la nuit. Visite de la forteresse et surtout de son musée qui est très bien agencé et très plaisant à visiter – beau musée ethnographique et une collection exceptionnelle de bronzes du Loristan (entre le XII° et le VII° s. av. J-C).
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Les rues de la ville sont très animées et nous nous y promenons un moment. Toujours des iraniens et des iraniennes pour nous adresser des signes amicaux ou nous parler un petit moment.
Nous passerons la nuit près du lac à la sortie de la ville. Très bon emplacement.
Une info : quand nous faisons le plein de diesel, le prix au litre s’affiche à 2500 rials, soit 0.075 €,mais le prix total est multiplié par 2 parce que nous ne sommes pas des camions.

Dimanche 12 avril : 335 km – 6 474 km / SHUSHTAR
Ce matin nous empruntons une autoroute, à notre grande surprise ! Nous changeons de paysage une fois encore et ce sont des collines puis des cultures verdoyantes. Quelques bergers et leurs troupeaux, mais la transhumance n’a pas encore commencé vraiment.
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Dans les villes les ronds-points sont bien fleuris et décorés ainsi que les talus le long des routes.
Première visite à Dezful où subsistent quelques arches d’un pont datant du III° s.
A Shush le château fort a été bâti par un français pour protéger la mission française des maraudeurs. Un site antique de 3900 av. J-C le jouxte. Le mausolée de Daniel est coiffé d’un toit en pain de sucre. Daniel est très vénéré par les musulmans.
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Choqa Zambil possède la ziggourat la mieux conservée de l’Orient ancien. Les ziggourats dont la plus célèbre fut la tour de Babel devaient permettre la communication entre les hommes et les dieux.
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Des portails en fer ferment ces petites routes qui vont d’un site à l’autre. C’est très étrange. L’Irak à 50 km à vol d’oiseau en est peut-être la cause ?
Les tombes des cimetières iraniens sont souvent entourées de grilles et très décorées, parfois de façon surprenante. Le muezzin est très discret pour un pays gouverné par un état islamiste.
Notre bivouac est dans un parc au bord de la rivière à Shushtar que nous visiterons demain.
Nous sommes arrivés assez tôt pour laver les p’tites culottes et faire un peu de ménage. Tout est calme.

Lundi 13 avril : 365 km – 6 839 km / BEHBAHAN
Le calme n’a pas duré !
A partir de 20 h. nous avons eu droit au ballet des mobylettes sur un air de pot d’échappement en folie. Nous avons changé 4 fois d’emplacement sur le parking pour être au calme (narguilés et pétarades).
Toc, toc, toc, un loueur de bateau que nous aurions appelé … toc, toc, toc, des jeunes qui s’amusent … toc, toc, toc, minuit et demi, c’est la police ! Il ne faut pas rester là, problème de sécurité. Connaissons-nous les 2 Ccar qui sont garés plus loin ? Ce sont nos copains que nous avions « perdu » depuis quelques jours. Il faut les réveiller et leur dire de ne pas rester là. C’est un civil qui dirige la manoeuvre – il y a 1 policier en tenue et 6 gars en civil. Ils nous escortent jusqu’à un parking près d’un parc de loisirs.
La nuit se passe au calme.
Ce matin visite de Shushtar. En premier, le pont-barrage Band-e Mizan, spectaculaire et bâti par des soldats romains, captifs après la défaite de l’empereur Valérien.
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Mais le plus spectaculaire est en aval, à l’endroit où le fleuve est domestiqué et où il s’engouffre dans un entrelac de grottes et de moulins à froment. C’est extraordinaire de voir l’eau canalisée ainsi malgré la force du courant.

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La route aurait dû être facile ! Une première fois le GPS nous envoie sur une route en cours de réfection. Du goudron quasiment liquide sert de revêtement et le Ccar en a jusqu’en haut de la carrosserie, la cata !
Des iraniens très sympa, comme toujours, nous mettent sur la bonne route. En tant que français nous sommes toujours bien accueillis dans la plupart des pays dans le monde. Des km plus loin, le GPS nous envoie sur une route qui se termine par une chaîne en travers : c’est une route militaire mais c’est quand même la route la plus courte jusqu’à Behbahan, notre prochaine étape. On fait encore demi-tour, on se rallonge d’environ 60 km et les panneaux sont écrits seulement en caractères arabes.
Après la traversée d’une région pétrolifère et gazière pendant des km avec des nuages de fumée échappés des torchères, nous voilà dans un paysage très minéral de petites collines pelées et de falaises abruptes. Quelques troupeaux de chèvres et de moutons.
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Arrivés à Behbahan, nous trouvons un laveur de voitures et ils seront 5 employés affairés pendant plus d’une heure à nous rendre le Ccar dans sa blancheur d’origine. Notre bivouac sera devant un hôtel où un ingénieur qui travaille dans la boîte à côté nous emmènera. Serons-nous au calme ?

Mardi 14 avril : 220 km – 7 059 km / BISHAPUR
Soirée et nuit très calmes.
Nous descendons toujours au sud, mais aujourd’hui pas d’erreur de route.
Quelques arrêts pour le ravitaillement, au bord de la route où se trouvent toujours des marchands de légumes : tomates, concombres, carottes, pommes de terre (en pleine récolte), oignons et des marchands de fruits : pommes, oranges, pastèques, … ou dans des petites boutiques.
Après le repas de midi nous arrivons à Bishapur, par une piste qui traverse le lit de la rivière et met à mal nos véhicules – le GPS a encore frappé ! on cherchera une autre route pour le retour.
Une aire de stationnement très agréable nous accueille. Elle est la propriété d’un tailleur de pierre qui est heureux de nous faire découvrir son travail. Une bouffée d’air pur et de tranquillité très appréciée. Nous profitons d’être ensemble pour finaliser notre circuit jusqu’à Ispahan afin de réserver notre guide Mazdak pour les sites importants.

Mercredi 15 avril : 13 km – 7 072 km / BISHAPUR
Ce matin nous montons à la grotte de Mudan par un sentier à flanc de falaise et des séries d’escaliers. Le dénivelé est de 370 m. que nous parcourons en 1 h.15 environ. Une colossale statue de Shapur 1er , d’une hauteur de 8 m., a été sculptée dans une stalactite à l’entrée de la grotte. Le gardien nous accompagne pour une longue visite de cette grotte immense et éclaire les concrétions remarquables avec sa lampe.
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La descente est plus facile et nous attendons que la chaleur soit moins forte pour continuer nos visites.
Des reliefs gravés à l’époque des rois sassanides se trouvent de part et d’autre de la rivière. Ils sont au nombre de 6 et glorifient la royauté. Ils sont très bien conservés et majestueux. C’est l’occasion de rencontrer de jeunes iraniens qui visitent leur pays et sont toujours heureux de parler avec nous.
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Nous retournons à notre bivouac tranquille avant de retrouver la ville dès demain.
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Jeudi 16 avril : 141 km – 7 213 km / SHIRAZ
Mise en route cool. Nous quittons notre tailleur de pierres et prenons la direction de Shiraz. Nous croisons des troupeaux sur la route et c’est l’occasion de faire de belles photos de femmes des tribus Qashqa’is sur leurs ânes !
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La route monte jusqu’à 2200 m. et nous nous traînons derrière des camions en traversant cette région montagneuse.
Arrivée à Shiraz et au parc Azadi où nous stationnerons. C’est jeudi et les iraniens viennent passer la journée et la soirée au parc. Ils sont encore nombreux à visiter le Ccar, prendre des photos et se faire prendre en photo.
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Nous passons la fin d’après-midi au bazar, un lieu toujours très animé où nous croisons quelques groupes de touristes allemands. Nous n’avons croisé qu’un seul groupe de touristes français depuis notre arrivée en Iran. Retour au parc Azadi encore très animé.

Vendredi 17 avril : SHIRAZ
Nous retrouvons Mazdak avec un grand plaisir, plaisir partagé. Nous l’avions eu comme guide en 2009 lors d’un voyage avion.
Nous traversons le jardin botanique Eram où se trouve un pavillon du XIX° s. richement habillé de faïences.
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Le mur d’enceinte de la forteresse de Karim Khan possède de grosses tours cylindriques – l’une d’elle s’est enfoncée dans le sol, minée par les infiltrations d’eau du hammam présent à cet endroit.
Le mausolée de Shah-e-Cheraq renferme la dépouille du fils du 7ème imam – les salles sont recouvertes d’éclats de miroirs.
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La medersa Khan, école coranique, possède un revêtement d’émail orné de guirlandes de fleurs et d’oiseaux. La mosquée Nassir ol-Molk est surmontée de 2 tourelles et non de minarets. L’intérieur est magnifiquement décoré, de compositions florales et de paysages européens.
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La maison de Nassir ol-Molk est ornée de miroirs, stucs, plafonds en bois peints, et les portes en marquèterie sont très belles.
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Nous terminons cette journée bien remplie par le tombeau de Hafez qui est né à Shiraz. Ce poète est très vénéré. Des jeunes et des moins jeunes viennent lire des poèmes sur sa tombe dans une atmosphère de recueillement.
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Nous rentrons « chez nous » heureux de cette journée de visite.

Samedi 18 avril : 282 km – 7 495 km / SHIRAZ
Grande journée culturelle.
Tout d’abord, la perle : Persépolis, capitale d’apparat de l’empire perse et de Darius 1er (522-486 av. JC). La construction de cet ensemble se poursuivit avec ses successeurs. Malheureusement Alexandre le Grand incendia cette capitale. La porte des Nations gardée par des taureaux donne accès à la terrasse. De la salle d’audience ou apadana subsiste les escaliers monumentaux où 23 délégations représentant les nations soumises (arabes, indiens, égyptiens, assyriens, babyloniens, arméniens, mèdes, etc …) convergent vers l’effigie royale. Chaque peuple apporte un présent au souverain. De la vaste salle du trône subsiste les bases des Cent Colonnes et des portes qui montrent l’effigie royale.
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La visite se termine par une grimpette aux tombes rupestres d’où l’on domine le site.
A Naqsh-e Rostam les rois achéménides firent creuser leurs nécropoles au nombre de quatre. Elles sont cruciformes et à 22 m. du sol. Ce qui n’a pas empêché leur pillage. De nombreux bas-reliefs ornent la paroi. En face de la falaise une tour carrée ou Kaaba des zoroastriens se dresse.
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Pasagardes est un grand espace qui tenait plus d’un jardin que d’une capitale. Ce fut l’oeuvre de Cyrus le Grand (559-530 av. JC). Son mausolée est le monument le plus prestigieux du site. De la citadelle, surnommée « le trône de la mère de Salomon » ne subsiste qu’une terrasse. Elle est soutenue par de puissants blocs de pierre.
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Retour à notre parc à Shiraz pour le bivouac. Après l’effervescence du jeudi et du vendredi, l’endroit a retrouvé son calme. Des iraniens, sur un tapis et enroulés dans des couvertures, dorment entre les voitures, d’autres ont monté une tente.

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