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FRANCE - OUZBEKISTAN du 1er au 25 avril


Mardi 1er avril : 8 – 17° / 400 km
Le jour tant attendu est arrivé. Nous fermons la maison et montons avec plaisir dans notre camping-car.
Nous décidons de passer la frontière italienne au sud-est pour changer du col du Mont-Cenis.
Notre route traverse l’Ardèche que nous connaissons bien, puis passage sur l’autre rive du Rhône et nous
arrivons en Drôme provençale – beaux villages perchés, champs de lavande et neige sur les contreforts du
Ventoux.
Premier bivouac à quelques kilomètres de Sisteron.

Mercredi 2 avril : 11 – 18° / 240 km - 640 km
Nuit calme sur ce parking.
Nous passons par Digne puis nous suivons le Verdon.
A un endroit il y a un lac de barrage et tout à coup un grand bruit côté lac et un hydravion déboule presque
à côté de nous ! il sera suivi de 2 autres. Nous nous garons et nous aurons le plaisir d’un second passage.
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Nous suivons une petite route à travers les Alpes de Haute Provence avant de descendre sur Nice et de
suivre la côte jusqu’en Italie et à San Remo où nous ferons étape.
Petite anecdote amusante : le poste frontière franco-italien a été transformé en aire de camping-cars – ils
sont malins ces camping-caristes !

Jeudi 3 avril : 16 – 18° / 536 km – 1 176 km
Journée étape.
Nous suivons le bord de mer jusqu’à Savona – la côte n’est pas bétonnée et nous traversons de nombreux
petits villages aux maisons colorées souvent adossées à la colline.
Nous prenons ensuite l’autoroute jusqu’à Venise et nous allons une fois de plus au camping Rialto – la
gérante nous reconnaît ! et nous bavardons un moment.

Vendredi 4 avril : 12 -17° - 0 km - 1 176 km
Grève des bus aujourd’hui à partir de 9 h. Cette grève touche aussi les vaporetto et nous n’irons pas à
Murano comme prévu – on pourrait rester sur l’île, faute de moyen de transport pour le retour.
Nous partons dès 8 h. pour Venise.
Le temps est un peu couvert mais le plaisir de déambuler sans but précis le long des canaux est toujours
intact. Nous découvrons de nouveaux quartiers et visitons une fois encore la basilique San Marco.
Les touristes asiatiques et les groupes de lycéens sont très nombreux.
Quelques bus seulement sont prévus pour le retour alors nous rentrons en fin d’après-midi.
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Samedi 5 avril : 12 – 18° / 265 km – 1441 km
Le temps est maussade et ne s’arrangera pas en cours de route.
Direction la Slovénie et nous franchissons la frontière en début d’après-midi.
Les routes ne sont pas très bonnes, nous n’avons pas pris l’autoroute – c’est notre choix le plus souvent
possible.
Nous avons fait confiance à notre GPS qui avait le camping de Ljubljana dans sa petite tête – petite tête de
linotte puisqu’il nous a emmené à 50 km de notre destination avec un chemin de terre pour finir.
Les collines sont couvertes d’arbres abattus par la tempête qui a paralysé le pays en février dernier – les
fortes pluies se sont transformées en glace à cause d’une grosse chute des températures et le poids de cette
glace a cassé les arbres – les dégâts sont impressionnants, les arbres se sont abattus près des maisons.
Nous allons au camping et visiterons la capitale demain.

Dimanche 6 avril : 12 -18° / 0 km – 1 441 km
Après une nuit bien arrosée le soleil est de la partie et nous prenons le bus pour la capitale.
Ljubljana est une ville très agréable. Le centre-ville est piétonnier et très calme. Les familles sont aux
terrasses des cafés et à midi c’est encore l’heure du petit déjeuner et déjà l’heure des glaces !
Nous baladons le long de la Ljubljanica qui est le fleuve qui traverse la ville.
Des stands d’artisans sont installés d’un côté de la berge et des brocanteurs de l’autre côté.
Nous allons jusqu’à l’incontournable Pont des Dragons qui est l’emblème de la capitale puis au Pont Triple.
Nous trouvons un petit resto au bord de l’eau et après un bon repas typique nous montons au château à
pieds. Ce château est un bâtiment d’époque largement aménagé de façon moderne et rationnelle – montée
en haut du donjon par un escalier rond encadré de tuyaux de fer.
Journée flânerie très sympathique, au gré de nos envies!
Juste le temps de gagner notre camping-car en courant à la descente du bus et un gros orage nous tombe
dessus.
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Lundi 7 avril : 10 – 22° / 480 km – 1 921 km
Nous quittons la Slovénie ce matin. Journée étape.
Nous achetons la vignette auto : 15 € pour 1 semaine – pas de vignette journalière disponible – mais elle
nous permet d’utiliser l’autoroute jusqu’à la frontière hongroise.
Le temps est très beau et le paysage aussi : collines verdoyantes avec des maisons posées dans ce paysage,
beaucoup d’arbres en fleurs.
Frontière hongroise et nouvelle vignette : 10,92 € pour 10 jours.
La route est toujours très belle et nous arrivons en fin d’après-midi à Budapest.
Nous retrouvons Jeanne et Lucien Rudolf au camping – beaucoup de choses à dire sur notre projet de circuit

Mardi 8 avril : 10 – 24°
A notre arrivée le pot de bienvenue nous a été offert et ce matin c’est le petit déjeuner qui est offert. Nous
le prenons avec Jeanne et Lucien.
Nous prenons le bus à 200 m. environ du camping et nous arrêtons au terminus : la gare de Budapest.
Nous avons choisi les bus HOP ON / HOP OFF pour une visite « survolée » de cette ville qui est très
étendue – nous en aurons ainsi une vue d’ensemble – grandes avenues … assez vides, c’est surprenant.
Nous trouvons un bon resto de spécialités hongroises : goulasch et canard grillé.
Tour en bateau sur le Danube, nous passons devant le parlement qui est une magnifique construction de
style gothique (une vraie dentelle de pierres) et beaucoup de bâtiments qui racontent une histoire très riche.
Puis nous terminons la visite de la ville avec un autre bus panoramique.
Retour au camping pour préparer notre journée de demain et la suite du programme.
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Mercredi 9 avril : 8 – 12° / 350 km – 2271 km
Dernier échange avec la patronne du camping qui parle français et dont l’accueil est très chaleureux. Elle
nous offre une bouteille de vin et souhaite nous revoir.
Nous ne nous suivrons pas avec Jeanne et Lucien et nous donnons rendez-vous à la sortie de l’autoroute en
direction de l’Ukraine.
Nous irons jusqu’au poste frontière sans nouvelles de leur part – moment d’inquiétude ! Nous allons
apprendre qu’ils ont eu un accrochage avec une camionnette ce qui explique leur retard.
Nous pouvons franchir les postes frontières : côté hongrois tout va vite malgré un flot important de voitures
– côté ukrainien les formalités douanières sont un peu plus longues : fouille de notre CC avec ouverture de
tous les placards et contrôle très poussé des médicaments, double contrôle même ! Mais l’ambiance est
détendue et les douaniers font leur travail, il n’y a rien à redire.
Le passage se fera en 1 h. seulement.
Côté ukrainien, nous revoyons la Roumanie, petite maison basse, route dégradée et quelques charrettes
tirées par un cheval.
Premier bivouac dans une station-service où nous sommes très bien accueillis et détail non négligeable : la
présence d’un policier. La police fera une ronde un peu plus tard.

Jeudi 10 avril : 5 – 11° / 247 km – 2518 km
Premier jour en Ukraine. Rien de spécial à en dire !
Nous changeons de l’argent à la banque : l’euro se changeait contre 10 uah en 2012 et contre 15.77 uah
maintenant, ce qui nous fait payer le litre de gasoil 0.88 €.
Nous prenons la route pour LVIV, la route est bonne, bien meilleure que prévu, malgré quelques gros trous
dans la chaussée.
Le temps est nuageux et devient froid en prenant de l’altitude. Certains villages nous rappellent la Roumanie
mais d’autres sont plus cossus.
Les cimetières sont composés de tombes en plein champ et toutes très fleuries.
C’est le moment de planter les pommes de terre et les familles sont dans les champs.
Une remarque sur la conduite des automobilistes ukrainiens : en face de nous une voiture double un camion,
nous fait des appels de phare pour que nous ralentissions et nous gratifie d’un salut en nous croisant.
Sur le bord des routes les murs des abris des arrêts de bus sont couverts de mosaïque.
Nous nous arrêtons dans un grand supermarché à l’entrée de Lviv – un linéaire de près de 25 m. est consacré
à la vodka avec en face la même longueur de whisky et autre alcools.
Bivouac dans une station-service – c’est très pratique, il y a de la place et l’endroit est gardé.
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Vendredi 11 avril : 4 – 7° / 550 km – 3068 km
Nous décidons de visiter le vieux cimetière de Lviv qui est comparé à celui du père Lachaise. Les tombes
sont ornées de statues monumentales pour certaines et plus discrètes pour d’autres. Il fait très froid ce matin
et on ne s’attarde pas trop.
On traverse la ville qui est très animée.
On prend ensuite la route de Kiev – route en excellent état à notre grande surprise, puis autoroute.
Journée étape donc pas de visite – beaucoup de camions sur cette route, pour la majorité ukrainiens.
On arrive au complexe Prolisok à Kiev – bien vide et en mauvais état – mais c’est encore l’hiver et les
vacanciers ne se bousculent pas.
La réceptionniste nous affirme que la situation en ville est calme et nous donne les indications pour nous y
rendre. On va décider de la journée de demain mais le mauvais temps peut l’emporter sur notre curiosité.
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Samedi 12 avril : 5 – 8° / 340 km – 3 413 km
Nous essayons en vain de faire notre plein d’eau au « camping ». Le gardien nous emmène vers une baraque
d’où sortent une femme et plusieurs hommes ? bizarre on pense qu’il n’y a personne et il en sort de partout !
mais pas d’eau … on remplira dans une station de lavage de voitures.
Nous avons décidé de passer par le centre de Kiev et de poursuivre notre route.
Beaucoup de circulation dans les rues de Kiev – nous changeons à 17.35 uah !
Nous arrivons aux abords de la place Maydan – pas d’accès à la place : des pneus entassés et des barricades
nous empêchent de passer.
On perçoit une tension dans cette ville et les habitants ont des visages fermés.
Des voitures arborant le drapeau ukrainien démarrent une manifestation.
Il y a de nombreuses barricades couvertes de fleurs et de portraits (sans doute les victimes de janvier
dernier). Les ukrainiens tiennent la place.
Nous pensions que la ville avait retrouvé un semblant de normalité mais ce n’est pas le cas. En traversant
le pays, et Kiev en particulier, nous pensons que l’Ukraine ne cédera jamais devant son voisin russe. Hier
le gardien du camping a affirmé plusieurs fois et violemment : « Poutine, NIET ! »
Nous quittons Kiev par l’autoroute direction la Russie - l’état de l’autoroute est moyen, mais la route que
nous empruntons ensuite est dans un excellent état.
Des particuliers vendent des fruits et des légumes au bord de la route et nous faisons quelques provisions.
On ne se comprend pas mais on sympathise !
Les cigognes sont dans leurs nids et leur présence dans cette partie très froide de l’Europe nous intrigue.
Nous allons rencontrer de nombreux convois militaires et arriver devant une chicane que nous franchissons
sans encombre. A l’approche de la frontière russe la tension monte !
Nous bivouaquerons 15 km avant cette frontière à Hluchiv, village endormi.
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Dimanche 13 avril : 6 – 14 – 2° /267 km – 3 680 km
Nuit très calme. Dernières provisions (vodka !) et plein de gasoil pour épuiser nos derniers hryvni.
Puis nous arrivons à la frontière.
Côté ukrainien il y a des voitures et peu de camions – le passage se fera en moins d’une heure, avec en
prime le chien autour du CC – pas de drogue !
Le jeune policier qui contrôle le passeport de Bernard est né le même jour que lui et il en est tout content
(je n’ai pas dit la même année !).
Côté russe ce sera plus long mais il n’y a pas de reproche à faire, les policiers et les douaniers sont sympas
et les formulaires sont en cyrillique bien sûr mais certains en anglais. Nous devrons refaire notre page
d’écriture avant d’avoir tout juste et au dernier contrôle il faudra faire demi-tour pour aller quérir quelques
tampons oubliés ! mais le tout dans la bonne humeur.
Au total le passage de la frontière aura duré 2 heures environ.
Ensuite c’est Koursk que nous contournons.
Après être montée jusqu’à 14° la température redescend et il se met à pleuvoir. Puis la température s’abaisse
jusqu’à 2° et ce sont des flocons de neige pour notre plus grand plaisir, bien sûr !
Les stations essence ne nous veulent pas. Nous nous arrêtons près d’une maison dans un village perdu à 2
km de la route – c’est la Berezina – et pour couronner le tout la jeune proprio vient nous dire de ne pas
rester là, nous gênons le passage … il faut avancer de quelques mètres. Impression de bout du monde sous
la neige.
Du coup Jeanne et Lucien avec qui nous partageons les bivouacs nous offrent l’apéro !
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Lundi 14 avril : 2 – 14° / 390km – 4 070 km
Ce matin nous nous réveillons sous la neige, pas sur la route heureusement.
Journée étape encore.
Le temps se lève et nous aurons même du soleil, le moral s’améliore en même temps.
La route est bonne, bordée de rangées de bouleaux bien alignés, très monotone.
Les villages sont faits de maisons carrées couvertes de tôle ou de fibrociment – des babouchkas prennent
le soleil sur les bancs devant les portes. C’est la même pauvreté que du côté ukrainien. En dehors des
villages ce sont des champs à perte de vue.
Nous nous arrêtons à un endroit où la route est coupée pour travaux.
Nous demandons notre route à des ouvriers qui travaillent pour un restaurant puis nous allons demander à
la propriétaire si nous pouvons passer la nuit sur le parking.
Heureusement nous avons le texte traduit en russe pour demander cette autorisation – texte qui nous a été
donné par Jean-Marie Lamandé et qui nous est d’un grand secours.
Nous allons boire un pot pour la remercier et nous buvons … de la vodka sauf Jeanne qui préfère un café.
Essai de conversation et le dictionnaire nous est très utile. Nos hôtes veulent voir notre monnaie et nous
leur laissons quelques pièces en euro.
Cet échange est très convivial et nous rions beaucoup de notre difficulté à converser.
Bon bivouac !
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Mardi 15 avril : 7 – 14° / 354 km – 4 524 km
Beau soleil ce matin, température agréable – tout est relatif !
Encore de la route.
Nous nous arrêtons pour faire des courses. Les fruits et légumes doivent être pesés comme chez nous. Nous
sommes perplexes devant les noms en cyrillique mais on obtient facilement de l’aide.
La route est très mauvaise pleine de trous et la conduite est difficile. Quelques rares portions en bon état
sont les bienvenues – route très monotone avec toujours des rangées de bouleaux de chaque côté.
Nous traversons Saratov – grande ville sur la Volga – une vraie ville et pas seulement des maisons collées
les unes près des autres.
Le pont principal est en travaux et nous empruntons une rue qui grimpe à travers les jardins pour rattraper
la route principale et traverser la Volga au nord de la ville.
A la sortie de Saratov nous trouvons un emplacement en bordure d’un petit village, près de la poste.
Quelques courses à l’épicerie proche.
Un groupe de jeunes tournera un moment près de nous en faisant ronfler les moteurs …
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Mercredi 16 avril : 9 – 18° / 282 km – 4 806 km
Il fait beau ce matin. Il semble que nous ayons laissé le froid derrière nous.
Encore une journée monotone de route au milieu de nulle part.
La chaussée est en très mauvais état – les trous « normaux », et les trous agrandis pour les boucher ensuite
avec du goudron, jalonnent la route.
Cela demande une grande concentration pour le chauffeur.
De grands « panneaux » en béton marquent l’entrée dans un nouvel « oblast » - ce qui équivaut sans doute
à une nouvelle province.
Des monuments funéraires sont édifiés au bord des routes avec souvent les photos des défunts et de grandes
couronnes de fleurs : accident de la route ou façon d’enterrer les morts ?
Notre bivouac se fera à Ozinki, à quelques kilomètres de la frontière avec le Kazakhstan que nous
franchirons demain matin.
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Jeudi 17 avril : 9 – 15° / 132 km – 4 938 km
En route pour le Kazakhstan.
Nous atteignons la frontière après 15 km environ de mauvaise route.
La mode des cadenas n’a pas de frontière – on en voit ici aussi attachés sur le pont.
Personne côté russe – serait-ce l’heure du p’tit déj !
Le jeune douanier très sérieux et très pro nous montre de sa main gantée de noir les portes à ouvrir et les
affaires à soulever. Les dernières recrues doivent « bénéficier » de ces postes paumés. Il souffle un vent
glacial et il me fait abriter derrière la guitoune. Il est très sympa sous ses airs de faux dur.
Le passage Kazakh est aussi cool, le policier parle anglais et charrie son collègue qui connaît quelques mots
de français. Tout est fait en 1 heure 30 environ.
Tout comme en Ukraine et en Géorgie, le gaz est transporté par des tuyaux aériens peints en jaune.
Puis encore de la mauvaise route – on reparlera de l’état des routes quand il sera bon – jusqu’à Ouralsk.
On demande à l’hôtel Chagala de stationner pour la nuit sur son parking. Le gardien qui parle un peu anglais
me passe la responsable qui parle parfaitement français. Elle accepte que nous restions sur le parking, nous
ferons le plein d’eau (la réserve tend vers le zéro !) et aurons une connexion wifi. C’est le bonheur !
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Vendredi 18 avril : 12 – 25° / 487 km – 5 425 km Le blog est à jour après de nombreux jours sans
connexion wifi. Nous avons reçu beaucoup messages de nos proches et des amis de CCRSM qui étaient
sans nouvelle depuis un moment. En France les infos sur l’Ukraine sont très mauvaises et notre silence les
inquiétait. Nous rencontrons un italien qui travaille avec un responsable kazakh dans la recherche gazière.
Nous discutons un moment avec lui – il parle français et il est camping-cariste. Il trouve incroyable que
nous allions en Ouzbékistan en CC. Il est très ouvert et il a la tchatche du napolitain qu’il est. Très bon
moment. Nous allons aussi rencontrer Anna, la responsable, qui parle français – elle a étudié en Suisse et
vient d’Ouzbékistan. Nous la remercions chaleureusement de nous avoir hébergés. Le gardien fait de
grands efforts pour nous parler en anglais et nous fait monter tout en haut de l’échelle de secours pour que
nous ayons une vue sur l’église orthodoxe qui a connu Catherine II. Nous lui laissons une bouteille de vin
et une carte postale de la tour Eiffel. Je ne pensais pas parler déjà de la route : elle est comme neuve
d’Ouralsk à Aqtobe soit 487 km, un vrai plaisir. Plusieurs cimetières islamistes avec des tombes entourées
de murets sont au bord de la route, loin de toute habitation. De grandes plaques de neige fondent
difficilement malgré une température de 25°. Arrivée à Aqtobe et bivouac sur le parking d’un hôtel à
l’entrée de cette très grande ville où nous serons moins « bichonnés » qu’hier mais bien accueillis
également.
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Samedi 19 avril : 11 – 25° / 457 km – 5 882 km Avant de quitter Aqtobe nous faisons quelques courses
dans un supermarché : il est immense. En faisant le tour nous découvrons des produits totalement
inconnus – par exemple des seaux remplis de « crème » de toutes les couleurs qui ressemble à de la glace
mais on ne devinera pas ce que c’est. Nous reprenons une route en très bon état et toujours toute droite.
Des troupeaux de chevaux, de vaches et de moutons paissent tranquillement au milieu de touffes d’herbes
sèches. Au Kazakhstan le gasoil est à 0.40 € - nous l’avions payé 0.64 € en Russie. Faire le plein est
beaucoup moins douloureux ! Nous avons bien roulé et nous approchons de la mer d’Aral. Bivouac
devant l’école de Irgiz après accord de la police. Super emplacement très calme et au soleil – j’en profite
pour laver les chaussettes !
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Dimanche 20 avril : Toc, toc, toc … nous avons de la visite, un curieux qui sera suivi de 3 autres. Je leur
fait visiter le camion - ils sont épatés et s’installent pour passer un moment pendant que nous continuons
notre petit déjeuner. Comme d’habitude on ne se comprend pas mais on échange … un peu. Puis route
vers Aralsk (mer d’Aral). Nous voyons nos premiers chameaux. Des camionneurs nous font des appels de
phares, mais impossible qu’il y ait un radar loin de tout … jusqu’à ce qu’une voiture de la police nous
arrête, mais pourquoi ? se demandent les naïfs que nous sommes ! Pendant que je fais visiter le cc à un
policier pour l’amadouer l’autre montre la photo de notre cc et la vitesse affichée de 110 km/h sur une
portion limitée à 70 km/h. Alors les négociations commencent : de 150 € on arrive péniblement à 40 €
qu’il s’empresse de planquer sous le siège (une caméra filme l’intérieur). Du coup on réduit la vitesse
mais un peu tard. Arrivée à Aral, qui est une grande ville triste et très peu animée. Nous allons vers le «
port » et il n’y a plus rien – le seul bateau est sur la place devant la gare et il est en béton. Nous aurons le
bonheur de voir 3 couples de mariés venir prendre des photos devant. Un des invités débouche le
champagne et chaque invité à son tour porte un toast. Bernard se retrouve avec une coupe à la main et
trinque avec les mariés. Et une jeune fille demande à être prise en photo avec lui. Quel beau pays ! Nous
passerons la nuit devant la gare – des trains couchettes font le trajet Moscou-Tachkent. Dans le hall une
mosaïque représente les pêcheurs qui donnent du poisson aux russes affamés. C’était il y a longtemps.
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Lundi 21 avril : 12 – 25° / 317 km – 6 339 km Nous avons entendu siffler les trains toute la nuit précédés
d’une annonce hurlée dans les haut-parleurs. La gare n’est pas un bon plan. Une autre photo du bateau et
quelques-unes de la propagande gouvernementale qui fait croire que la mer va revenir à Aral … des
promesses comme partout … Cinquième jour au Kazakhstan, nous devons faire viser notre document au
service de l’immigration. On est sur place vers 9 h., heure affichée de l’ouverture des bureaux. Une
secrétaire nous fait signe qu’elle appelle le responsable. Nous attendons dans un autre bâtiment. Le temps
passe, des gens rentrent, des gens sortent, des militaires ouvrent des bureaux, des portes s’ouvrent, des
portes se ferment et nous attendons toujours. Je décide de faire le tour des bureaux en exhibant mon
papier à tamponner jusqu’à ce qu’un militaire me fasse signe qu’il va téléphoner – encore un – et que
quelqu’un va venir en voiture … et le responsable arrive à onze heures bien sonnées ! Il ouvre l’ordi,
imprime des paperasses que nous remplissons, puis c’est un tour à la photocopieuse et ensuite il recopie le
tout dans un registre ! Vers midi la corvée est finie, nous faisons un tour dans le marché couvert très riche
en fruits et légumes et c’est encore la route à travers le désert à 70 km/h. Les chameaux sont nombreux.
Passage par Baïkonour – le cosmodrome est interdit mais nous allons dans la ville pour faire la photo du
monument aux pionniers. C’est une enclave russe (accord de 20 + 50 ans entre les russes et les kazakhs)
et un contrôle a lieu à l’entrée – nous faisons demi-tour. Arrivée à Zhosaly pour le bivouac. La police
nous accompagne devant un hôtel. Le propriétaire nous invite à passer la nuit sur son parking et à manger
dans son restaurant. Nous le remercions chaleureusement et déclinons son offre de repas.
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Mardi 22 avril : 11 - 17° / 478 km – 6 817 km
Bonne nuit très calme.
La route est bonne puis elle se transforme en piste et ensuite en route à trous jusqu’à Qysylorda. Ouille
ouille ouille ! On croise un bus des cars Ginhoux à Aubenas – 07. Ce n’est pas du tout un car de touristes
mais sans doute un don de cette entreprise.
Beaucoup de très grands cimetières tout au long de la route et peu de maisons : il y a plus de morts que de
vivants.
Nous avons vu les premières feuilles hier et voyons les premières cultures et les premiers arbres en fleurs
aujourd’hui. Nous apprécions après tous ces lieux arides.
Arrivés à Turkestan nous choisissons l’hôtel le plus chic pour nous arrêter. Un jeune et souriant kazakh
nous y accueille chaleureusement pour un jour ou un mois. Il est venu à Paris et a participé à un projet avec
l’Université de Grenoble.
Bonne connexion wifi qui me permet de mettre le blog à jour et de téléphoner à nos enfants. Nous resterons
2 nuits ici pour le mausolée et pour une pause bien méritée.
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Mercredi 23 avril : 11 – 18° / 6 817 km
Doucement ce matin. Journée de repos qui est la bienvenue.
Nous allons au bazar qui est à côté de la gare routière. C’est un très grand bazar avec toutes les catégories
de commerces représentées : fruits, légumes, vaisselle, vêtements, chaussures, papèterie, quincaillerie, …
Bernard trouve un opticien qui lui change les branches de ses lunettes de vue pour l’équivalent de 2 €.
Repas de midi dans un resto près de là – soupe et brochettes kazakhs – succulent.
Retour au CC après quelques achats.
Bernard effectue quelques vérifications mécaniques et il ira faire laver le camion qui est couvert de boue et
de poussière. Il en profitera pour faire remplir le réservoir d’eau. Il faut toujours être prévoyant dans ces
pays.
Pendant ce temps je fais le ménage en grand, mais il est quand même bien vite fait.
Visite du mausolée de Kozha Akhmed Yasaui, maître soufiste et poète mystique turcophone né en 1103.
Les 2 coupoles bleues et vertes qui coiffent la chambre mortuaire sont superbes, un avant-goût de
l’Ouzbékistan.
Demain nous repartirons frais et dispos.
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Jeudi 24 avril : 11 – 29° / 355 km – 7 172 km
Ce matin nos routes avec Jeanne et Lucien Rudolf se séparent provisoirement ou définitivement. Lucien ne
souhaite pas repasser par la Russie et ses routes très dégradées et il va tenter d’obtenir un visa de transit
pour traverser l’Iran. Il a également un problème de visa pour l’Ouzbékistan, l’agence lui a obtenu un visa
double entrée de 10 jours seulement. Ils vont essayer de régler ces problèmes à Tashkent.
Quant à nous, nous prenons la direction du Kirghizstan et essaierons d’avoir des infos, avant de passer la
frontière, sur l’état d’enneigement ou non des routes. Si la traversée du Kirghizstan se révèle impossible il
faudrait revenir sur nos pas par le Kazakhstan et à ce moment-là une 3ème entrée serait nécessaire et notre
visa n’en donne que 2.
Après Shimkent le paysage change : c’est un paysage de prairies d’altitude et nous monterons jusqu’à 1100
m. avant de redescendre sur Taraz à 700 m. environ. Nous voyons les montagnes enneigées au loin et c’est
là que nous devrions aller.
Tentative de « versement aux oeuvres de la police », mais nous roulons à 40 km/h pour 50 km/h et surtout
le policier voit notre GPS.
Petits étals au bord de la route : pommes, miel, noix et tout à coup : des morilles, 4 seaux de morilles ! nous
nous arrêtons en même temps qu’un kazakh qui sort un grand sac et verse les 4 seaux dedans – nous sommes
dégoûtés. Nous en trouverons peut-être plus loin et on s’en veut de ne pas avoir pu en acheter au moins un
seau.
Arrivée à Taraz et choix du meilleur hôtel de la ville, pourquoi pas ? Nous sommes toujours très surpris
d’être accueillis très spontanément sur le parking des hôtels. Nous sommes tranquilles et avons une
connexion wifi. Taraz est une très grande ville qui nous rappelle les villes chinoises.
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Vendredi 25 avril : 11 – 17° / 310 km – 7 482 km
Beaucoup de vent ce matin et le temps a changé.
Nous allons jusqu’à la frontière du Kirghizstan. D’après les renseignements que nous recueillons avant de
sortir du Kazakhstan le col à plus de 3 000 m. que nous devrions franchir est fermé. Pas de chance ! Après
réflexion nous jugeons plus sage de rebrousser chemin et d’abandonner l’idée de traverser ce pays.
La journée s’avérera mauvaise : le vent souffle en tempête et il faut rouler prudemment, ensuite nous aurons
un violent orage et des seaux d’eau se déversent sur notre CC. Pour finir la journée en beauté nous ne
trouverons pas de stationnement à Shimkent – c’est une ville immense, les hôtels sont en ville et n’ont pas
de parking.
Après avoir parcouru plus de 60 km nous trouvons un emplacement près d’un étal de miel. Pas de chance
une fois de plus, la patronne qui n’avait sans doute pas saisi que nous voulions passer la nuit là nous fait
comprendre que nous devons partir. La nuit tombe et nous voilà sur la route. Heureusement le gérant d’une
station-service nous acceptera (ici aussi la demande de bivouac traduite en russe que nous a donné Jean-
Marie Lamandé est très utile, merci Jean-Marie !).
Quelle journée !
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